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Solitaire du Figaro 2008

Une confirmation prometteuse

Le 14 août 2008Lundi 11 août à 18h38, Nicolas Lunven a franchi la ligne d'arrivée de la 3ème et dernière étape de la Solitaire du Figaro 2008 devant l'Aber Wrac'h près de Brest. Au terme d'une superbe bataille sur un parcours complexe où il fallait rester vigilant en permanence, le skipper du Team FONCIA a une nouvelle fois démontré sa capacité à jouer aux avant-postes en terminant 14ème après avoir flirté toute la manche dans le top 10. Le jeune skipper revient avec beaucoup de lucidité sur sa course et sur sa 18ème place au général. Un résultat positif qui confirme tout le talent de ce Vannetais prometteur. Une performance saluée par Michel Desjoyeaux, skipper du Team FONCIA.

Nicolas comment qualifierais-tu cette dernière étape?

"Je ne dirais pas que c'était une étape de gros bras mais il faut reconnaître qu'elle était tonique. Il fallait vraiment être dessus et ne rien lâcher, sans arrêt régler ou changer les voiles. A la fin, ça commençait à tirer sur les organismes. Psychologiquement, ce n'était pas évident non plus. Louvoyer pendant 48 heures - dont une partie avec 25-30 noeuds de vent établi et beaucoup de mer - pour aller virer une bouée au large de la pointe Bretagne, faire demi-tour et redescendre sous spi en direction de l'Aber Wrac'h... alors que nous étions passés devant la vieille! C'est aussi un réel plaisir d'arriver. C'était quand même une étape dure. L'année dernière, après l'arrivée finale à Brest, j'ai mis deux semaines à m'en remettre. Deux semaines pendant lesquelles je ne faisais strictement rien à part me reposer alors que c'est tout le contraire de ce que je suis à terre habituellement."

Le parcours semblait assez direct, mais tout le monde n'a pas pris le même chemin...

"Il y a eu 2-3 options. Certains ont choisi de rester au milieu de la Manche, d'autres ont plongé pour aller le long de la côte nord de la Bretagne (ce que j'ai fait) et les derniers qui ont opté pour une stratégie intermédiaire. Il s'est avéré que notre option était plutôt bonne puisque le lendemain, le groupe de 4-5 bateaux que nous formions était pointé en tête. En progressant vers le large pour virer la bouée Brittany, le vent s'est renforcé petit à petit avec une mer de plus en plus formée. Là, c'est devenu un peu plus compliqué pour moi car sur le retour sous spi, j'avais un léger déficit de vitesse. C'est le même problème que j'avais rencontré sur la deuxième étape. J'ai malheureusement perdu du terrain progressivement pour finir à la 14ème place. Je suis déçu mais je retiens aussi ma bonne première partie de course où j'étais dans le match avec les meilleurs."

Que retiens-tu de cette Solitaire du Figaro?

"Comme je le disais, même s'il y a une pointe d'amertume et de déception dans les étapes 2 et 3, il y a quand même du positif qu'il ne faut pas oublier. Pour ma deuxième participation à la Solitaire, pouvoir faire jeu égal avec des garçons comme Nicolas Bérenger, Fred Duthil ou Erwan Tabarly, ce n'est pas mal. J'ai réussi à tirer mon épingle du jeu à côté d'eux et c'est un point satisfaisant. Néanmoins, il sera nécessaire de faire un bilan de cette Solitaire, afin notamment d'identifier la cause de mes problèmes au portant. C'est quelque chose de plus dfficile à comprendre, à analyser... Il y a du travail en perspective. Par rapport à l'année dernière, j'ai le sentiment d'avoir pris conscience de tous les points qu'il va falloir améliorer pour la prochaine fois. Au lendemain de l'arrivée, je suis déjà en train de me projeter dans l'avenir et je passe mon temps à prendre des notes! Une année, cela passe très vite et la préparation de la prochaine a déjà commencé. Je suis content de faire du Figaro mais je veux aussi continuer à multiplier les expériences sur d'autres supports: en double, en équipage, pour apprendre, m'ouvrir... et progresser."

Des souvenirs, des anecdotes qui t'ont marqué?

"Toute la fin de parcours de la deuxième étape parce que j'étais dans le bon paquet et donc rassuré. J'aime bien naviguer en Manche, c'est un coin sympa, technique, j'aime jouer avec les courants. Pour le coup, nous avons été servis puisque par moment nous avions 7 noeuds de courant contre. Toujours sur cette deuxième étape, j'ai fait un rêve: j'avais Eric Péron (ndlr. Autre concurrent de la Solitaire) à bord avec moi qui me disait: "Va dormir un peu, je règle le spi"... Je me suis levé à plusieurs reprises et je voyais que le spi n'était pas réglé. Je lui disais: "Qu'est-ce que tu fais?". "J'arrive, j'arrive, dors tranquille" me répondait-il et j'y retournais. Inconsciemment je pense que cela m'a poussé à me reposer, et il le faut bien de temps en temps. Donc merci à Eric (rires)! Même si j'avais l'impression qu'il réglait mal le spi (rires)! "

Michel Desjoyeaux, skipper du monocoque 60 pieds FONCIA, actuellement en pleine préparation du prochain Vendée Globe, revient sur la course de Nicolas Lunven:

"C'était une Solitaire du Figaro compliquée techniquement et nerveusement avec beaucoup de changements de programmes, de parcours, de décalages... rendant la tâche difficile aux marins. Les conditions n'étaient pas extrèmes mais la pétole de la première étape a mis les nerfs à rude épreuve. Je suis content de ne pas avoir participé à cette édition! (rires) Mais Nicolas Lunven s'en tire très bien. Il s'est raté sur la première étape qui n'était pas facile pour personne mais il s'est bien récupéré sur les deux autres, confirmant toutes ses compétences. Cette étape a distribué beaucoup de bons et de mauvais points. Il fallait garder la tête froide, savoir se positionner et tenir dans la durée. La 14ème place de Nicolas montre tout ce dont il est capable."