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Le 07 août 2009
Parmi, les nombreuses retombées presse autour du voilier "CGPI" et de son skipper, voici un article du Figaro...
LE PAPA a gagné deux étapes de la Course de l'Aurore. Deuxième sur le podium en 1974, derrière un certain Eugène Riguidel, puis troisième en 1975, Bruno a été l'une des figures de proue de l'épreuve reine. Le tonton, Dominique, avait lui aussi glané ses lauriers en 1973 en montant sur la deuxième marche du Parthénon des solitaires. Des statures, donc, ne laissant personne de marbre.
Né en 1982, le petit Nicolas n'a pas vécu la gloire de ses aînés. Mais déjà, dans le ventre de sa mère, il naviguait dans le golfe du Morbihan, la «petite mer» en breton bien trempé. Celui-ci devint naturellement sa cour d'école. Très tôt, il y prend plaisir à naviguer en habitable alors que ses petits camarades se contentent de l'Optimist ou du dériveur. Les posters de Loïck Peyron et de Laurent Bourgnon tapissent ses rêves au-dessus de son lit. Premier Fastnet et premier Tour de France à 17 ans. Viennent, en parallèle à ses moments fleurant le varech des études à Vannes, des diplômes en gestion et administration des PME et PMI. Une filière qui sied bien à sa rigueur et à son pragmatisme.
Vainqueur du Challenge Crédit agricole, il participe plus que brillamment à sa première Solitaire il y a trois saisons : 1er bizuth et 14e au général, excusez du peu… Mais les performances ne déclinent pas toujours une carrière. Nicolas Lunven le sait, l'optimisme est un devoir moral. «Depuis fin 2007, après une saison sous les couleurs de Bostik, je cherche un partenaire. En 2008, j'ai pu courir pour Foncia grâce à Alain Gautier qui m'a proposé son projet. Mais c'était uniquement pour la Solitaire. Depuis, et avec les difficultés économiques arrivant, j'ai eu des doutes. Malgré tout, et avec l'aide d'un mécène, je me suis organisé en conséquence. En fait, j'ai commencé à louer le bateau début janvier pour pouvoir m'entraîner et ne pas refaire l'erreur de l'année précédente, en me pointant trois semaines avant le départ avec le bateau en pièces détachées. Il y a donc eu les courses d'avant saison et les stages au centre d'entraînement de Port-la-Forêt.»
En juin, alors qu'il était en négociation pour 2010, les conseillers en gestion de patrimoine indépendants lui disent banco. Chers amis bonjour, la belle histoire peut commencer. Bonne pioche. Ils peuvent déjà fantasmer pour le superbanco. Premier au classement général, avec 17 minutes d'avance sur Yann Eliès (Generali) et 24 sur Armel Le Cléac'h (Brit Air), après ses deux deuxièmes places, il ne s'enflamme pourtant pas. «Je suis arrivé dans de très bonnes dispositions. Sans penser être à ce niveau-là. Sur l'eau, je me sens maître de mes propres décisions, sans suivre particulièrement les choix des autres à un moment donné. Pour l'instant, j'ai de la chance, tout ce que je tente fonctionne. Mais je sais que je n'en suis qu'à ma troisième Solitaire et que je manque encore un peu d'expérience. En revanche, je dois en agacer un certain nombre actuellement…»
En arrivant sur Port-la-Vie jeudi, un sourire pétillant comme le champagne l'attendait sans modération. «Jeudi soir, dans le regard de mon père sur le ponton, j'ai imaginé la fierté qu'il devait avoir. J'étais en train de marcher sur ses traces», conclut-il, caché derrière ses lunettes de pudeur. Et le sillon ne fait que débuter car au milieu de Saint-Gilles, il y a la vie. Pour marcher sur l'eau et juste faire hennir les chevaux du plaisir.